29 mars 2018

Publié dans Publication

En cas d’incident nucléaire, un rayonnement radioactif, pouvant contenir de l’iode radioactif, peut se libérer. Chez certains groupes à risques (les personnes de moins de 40 ans et les femmes enceintes ou allaitantes), l’iode radioactif augmente le risque de cancer de la thyroïde. Pour éviter que la thyroïde ne stocke l’iode radioactif, on peut prendre des comprimés d’iode (mais uniquement lorsque les autorités en donnent l’ordre). La prise de ces comprimés va permettre de saturer la glande thyroïde qui ne pourra dès lors plus stocker l’iode radioactif.


Les comprimés d’iode : pour les « collectivités » aussi

Des comprimés d’iode sont mis gratuitement à la disposition de la population par les autorités. Les employeurs sont également tenus de prévoir de l’iode pour leurs travailleurs. C’est ce qu’il ressort de l’arrêté royal publié le 6 mars 2018.

Cet A.R. vise plus spécifiquement les « collectivités ». Par ‘collectivité’, on entend toute structure dans laquelle peuvent être présentes des personnes qui présentent un risque particulier de contamination à l’iode radioactif (c’est-à-dire les personnes de moins de 40 ans et les femmes enceintes ou allaitantes) : entreprises, institutions, cinémas, usines, hôpitaux, supermarchés, salles de spectacles, écoles, … et même les maisons de repos, étant donné que le personnel présent peut être âgé de moins de quarante ans.

En cas d’incident nucléaire, chaque entreprise devra donc agir - en fonction de sa localisation (zone de planification d'urgence ou zone d'extension, voir ci-dessous) - pour protéger son personnel, ses clients et ses visiteurs en veillant notamment à la distribution de comprimés d’iode.

Le dirigeant recevra toutes les informations et instructions nécessaires en vue de la mise en œuvre du plan d’urgence nucléaire des autorités belges.


Quelles sont les mesures prescrites par le plan d’urgence nucléaire ?

Le plan d’urgence nucléaire des autorités belges distingue deux types de zones au sein desquelles des mesures devraient être prises en cas d’incident nucléaire :

  • les zones de planification d’urgence (dans un rayon de 20 km autour d’un site nucléaire : Doel, Tihange, Mol (SCK), Dessel (BP), Chooz en France et Borssele aux Pays-Bas et dans un rayon de 10 km autour de l’Institut des radioéléments à Fleurus).
  • les zones d’extension (dans un rayon de 100 km autour des sites nucléaires).

Dans les zones de planification d’urgence, les mesures suivantes doivent être prises :

La prise de comprimés d’iode s’applique à toutes les personnes de moins de 40 ans et aux femmes enceintes ou allaitantes. (Pour les personnes de plus de 40 ans, les désavantages de la prise de comprimés d'iode sont généralement plus grands que les avantages). Mais il est tout à fait possible qu'en cas d'incident, les autorités décident de donner des comprimés d'iode uniquement aux personnes de moins de 18 ans, comme ce fut le cas lors de la catastrophe de Tchernobyl. Pour de plus amples informations à ce sujet, nous vous renvoyons au site internet suivant :  http://www.risquenucleaire.be/pour-qui.

Dans les zones d’extension, une seule mesure doit être prise :

Dans les zones d’extension, la prise de comprimés d’iode s’applique uniquement aux personnes de moins de 18 ans et aux femmes enceintes ou allaitantes.


La distribution des comprimés d’iode au sein d’une collectivité

Il est donc fortement conseillé aux collectivités de se constituer une réserve de comprimés d’iode. Vous pouvez vous rendre sur ce site pour calculer le stock nécessaire de comprimés d'iode.

Le dirigeant doit désigner les personnes qui sont habilitées à distribuer les comprimés d’iode.

Les comprimés d’iode ne peuvent être distribués qu’après en avoir reçu l’ordre des autorités et ne peuvent en aucun cas être distribués à l’initiative personnelle ! Cette règle s’applique également à la prise de comprimés d’iode dans un cadre individuel.

Le lieu de conservation du stock doit être communiqué au sein de la collectivité et il faut veiller à ce que celui-ci soit sécurisé et ne soit pas accessible aux enfants.

Un document récapitulatif doit être affiché à un endroit visible à proximité du lieu de conservation. Ce document doit reprendre les informations suivantes :

  • le contenu du stock,
  • les modalités de conservation,
  • les personnes qui ont été désignées pour la distribution des comprimés,
  • les instructions et directives éventuellement fournies par les autorités.

Ce document est actualisé périodiquement et notamment, chaque fois que des modifications surviennent dans les informations à mentionner.

D’application à partir du 22 mars 2018.

Sources :

 

Publié dans Actuascan, Mars 2018, n°3.