15 juin 2016

Publié dans Publication

Une majeure partie de nos occupations professionnelles se déroule avec l’aide d’un ordinateur. Son usage est devenu indispensable pour gérer et faciliter nos multiples activités quotidiennes. Ce soutien informatique n’est malheureusement pas sans conséquence sur notre santé en cas de travail intensif. Il est dès lors important d’aménager au mieux le poste de travail pour éviter ou réduire autant que possible les conséquences potentiellement négatives de cette activité.

D’une part la station assise impose une réduction des mouvements des membres inférieurs et une trop faible sollicitation cardio-vasculaire, d’autre part, la position voutée du dos et le regard porté vers l’écran d’ordinateur ou les documents papier implique des positions pénibles pour le dos, la nuque et les épaules. En outre, certaines articulations tels les poignets et les doigts effectuent les mêmes gestes répétés des milliers de fois sur une journée. La fatigue visuelle, les maux de tête et un sentiment de fatigue sont également à la clé. Ce ne sont là que quelques-unes des plaintes qui émanent des réflexions du personnel effectuant un travail administratif.

Les recommandations principales portent sur le réglage du mobilier et la disposition du matériel informatique. Elles sont complétés par des considérations concernant les conditions d’éclairage et la gestion de la sédentarité.

Les conseils sont classés par catégories et déclinés en douze étapes. Ils sont synthétisés dans une vidéo disponible sur le site spmt arista. Un document écrit (folder) est également disponible sur demande.

          
          Le plan de travail et le siège :

  1. Vérifiez la possibilité de régler la hauteur de la table. Le réglage de la hauteur du siège dépend de la possibilité de régler la hauteur du plan de travail.
     
  2. Si le plan de travail est de hauteur fixe, réglez la hauteur de l’assise du siège pour que vos coudes arrivent à la hauteur du plan de travail. Si vos pieds ne reposent pas à plat au sol, vous avez besoin d’un repose-pieds.
    Si le plan de travail est de hauteur réglable, adaptez la hauteur de l’assise du siège de façon à ce que vos cuisses soient horizontales, les pieds à plat au sol. Réglez ensuite la hauteur du plan de travail afin qu’il corresponde à la hauteur de vos coudes fléchis.
     
  3. Adaptez la hauteur du dossier de façon à ce que le bas de votre dos soit en contact avec la partie la plus proéminente du dossier. Reculez le bassin dans le fond du siège de façon à profiter pleinement de cet appui.
     
  4. Maintenez un espace d’environ 4 doigts entre l’avant du siège et l’arrière des genoux tout en gardant le dos contre le dossier. La manette de réglage de la profondeur permet de faire glisser l’assise du siège vers l’avant ou l’arrière et ainsi de l’adapter en fonction de la taille de vos cuisses.
     
  5. Vérifiez que le réglage de la force du ressort de rappel de l’inclinaison du dossier vous permette de varier de position aisément. Le dossier doit pouvoir suivre les changements de position de votre dos en fonction de l’activité : vertical pour utiliser le clavier ou écrire et légèrement incliné vers l’arrière pour converser ou téléphoner. Le test consiste à incliner la tête ou les bras vers l’arrière puis l’avant et ainsi s’assurer que l’inclinaison du dossier vers l’avant ou l’arrière s’effectue sans autre effort musculaire. Le blocage de l’inclinaison du dossier n’est pas recommandé à l’exception d’un réglage de mauvaise qualité ou déficient.
     
  6. Placez les accoudoirs à hauteur du plan de travail et donc de vos coudes fléchis. La largeur entre les accoudoirs doit correspondre à votre largeur d’épaules, la possibilité de régler leur écartement permet de placer les coudes à l’aplomb des épaules. Leur profondeur doit permettre de se rapprocher suffisamment du plan de travail. Il convient dès lors qu’ils soient de préférence réglables et suffisamment courts.
     

    L'écran et l'éclairage :
  7. Placez l’écran face à vous pour éviter une torsion de la nuque. Disposez-le à une distance confortable vous permettant de lire sans effort même lorsque le dossier est incliné vers l’arrière. Songez à utiliser le zoom disponible dans les logiciels afin d’améliorer également la vision aisée des caractères. La hauteur de l’écran doit être réglée de façon à ce que le bord supérieur de l’écran soit à la hauteur de vos yeux. Si vous portez des verres progressifs et que vous regardez l’écran par la partie basse des lunettes, descendez l’écran pour éviter d’étendre la nuque en lisant les caractères affichés à l’écran.
     
  8. Placez votre écran perpendiculairement aux fenêtres pour éviter les reflets et éblouissements, source de fatigue visuelle. S’il y a des stores, utilisez-les en cas de trop grande luminosité, ils amélioreront considérablement votre confort. La distance entre vos yeux et le mur en face doit être de minimum 2 à 3 mètres. N’oubliez pas de porter régulièrement votre regard au loin pour reposer la vue. Un éclairage individuel de préférence réglable en intensité (dimmer) peut être utile à condition de ne pas éblouir ni provoquer de reflets sur l'écran.

    Le clavier et la souris :
  9. Placez le clavier et la souris proches l’un de l’autre et situés entre 10 et 15cm du bord de la table pour permettre un appui temporaire de vos avant-bras. Rabattez les pieds du clavier de sorte qu'il soit le plus plat possible.

    Le téléphone :
  10. Placez le téléphone à une distance permettant de le saisir sans devoir vous pencher en avant ni étendre exagérément le bras pour l'atteindre et de préférence du côté de la main non-dominante. Maintenez la tête droite en l’utilisant et préférez un système mains libres (oreillettes) en cas d’usage fréquent.

    Les documents papier :
  11. Placez les documents papier en face de vous entre le clavier et l’écran, pour éviter de fléchir ou tourner la nuque pour les lire. Un porte-document dédié à cet effet peut être utilisé. Pour vérifier son utilité, un test peut consister à utiliser un simple classeur à anneaux auquel on aura fixé une bandelette de carton pour éviter que les papiers ne glissent. Si le test est concluant, l’acquisition d’un porte-document réglable en hauteur pourra être envisagée.

    Le rangement et l'accès :
  12. Vérifiez que le rangement du bureau vous permet de disposer aisément le matériel et les documents et que l’accès au bureau est facile, sans risque de heurt ni de chute.

Ménagez-vous des pauses

En complément de ces réglages et adaptations et pour pallier à l’aspect sédentaire de la position assise, variez vos tâches et ménagez-vous des pauses. Préférez de courtes pauses de 2 à 3 minutes et profitez-en pour vous lever et bouger : allez chercher à boire, faites des photocopies, consultez un collègue, utilisez les escaliers au lieu de l’ascenseur, improvisez une réunion en marchant, faites des exercices physiques de délassement.

Pour plus d'informations

Consultez notre vidéo

Jean-Philippe DEMARET,
Conseiller en prévention ergonome, Master en kinésithérapie et en éducation physique
Stefanie DE PAEPE,
Master en kinésithérapie, Conseillère en prévention

Source : Actuascan, juin 2016, n°5