14 juin 2016

Publié dans Publication

Vos collaborateurs sont amenés à travailler dans la chaleur ? En tant qu’employeur (ou pour le compte de l’employeur, si vous êtes un conseiller en prévention interne), vous avez alors la responsabilité de les protéger.
 

Comment procéder concrètement ? Nous l'avons déjà en partie décrit dans notre article "Travailler quand il fait chaud". Dans cet article nous allons un peu plus loin en répondant à la question : avec quels moyens pouvez-vous protéger vos travailleurs en cas d’exposition directe aux rayons du soleil ?

 

 

Les rayons du soleil et la santé

À peu près la moitié des rayons émis par le soleil sont de la lumière visible. L’autre moitié se compose de rayonnement infrarouge et, dans une faible proportion, d’ultraviolets.

Les ultraviolets A (UVA) et les ultraviolets B (UVB) sont deux types de rayonnement capables d’endommager la peau. Les ultraviolets C (UVC), arrêtés par la couche d’ozone, ne parviennent pas jusqu’à nous.
Les UVA forment le gros du rayonnement ultraviolet. Actifs durant toute la journée, ils produisent un hâle rapide mais de courte durée. Ces rayons pénètrent profondément dans la peau et peuvent occasionner des dommages jusque dans les couches inférieures. Ils provoquent brûlures, rides, taches cutanées, peau brune, lésions cutanées précancéreuses et cancers de la peau. Et soit dit en passant : le banc solaire émet deux à six fois plus de rayons UVA que la lumière naturelle du soleil.
Les UVB constituent une petite fraction du rayonnement ultraviolet. En Belgique, ces rayons sont surtout actifs entre 12 et 15 heures (heure d’été). Ils suscitent un bronzage plus lent mais plus durable. Les UVB du soleil endommagent la couche superficielle de la peau, provoquant brûlures et cancers.

En Belgique, le nombre de cas de cancer de la peau a presque triplé sur ces dix dernières années. Une personne sur cinq est traitée pour un cancer de la peau au cours de sa vie. Les personnes les plus à risque sont celles qui ont une peau de type 1 (cheveux roux ou blond clair et yeux clairs) ou de type 2 (cheveux blonds et yeux gris, verts ou bleus).

La législation

Comme stipulé à l’article 14 de l’arrêté royal du 4 juin 2012 relatif aux ambiances thermiques (Code sur le bien-être au travail, titre IV, chapitre II, section VI[A1] ), les travailleurs exposés à un rayonnement solaire direct doivent disposer d’équipements de protection collective ou individuelle[A2] . La législation ne donne toutefois aucune précision quant à la nature ou à la qualité de ces mesures de protection.

Mesures – au niveau collectif

Planning

La prévention primaire est la plus efficace. Dans la mesure du possible, organisez le planning de façon à éviter le travail au soleil entre midi et 15 heures.

Protection

Une bâche (ou autre protection) placée au-dessus du lieu où le travail est effectué n’offre pas seulement une protection contre les ultraviolets nocifs, elle permet aussi de créer un endroit ombragé où il fait relativement plus frais. Vous pouvez même envisager d’installer un parasol.

Information

Vos travailleurs ne sont peut-être pas suffisamment conscients des risques que peut représenter l’exposition au soleil pour la santé. Informez-les des règles à suivre pour travailler en plein air en toute sécurité via des posters, des réunions toolbox, le magazine du personnel, etc.

Mesures – au niveau individuel

Crème solaire

Les crèmes solaires contiennent des filtres UV qui bloquent le rayonnement. Elles n’offrent cependant pas une protection complète. Le facteur de protection solaire (ou indice de protection) traduit la force de la protection, c’est-à-dire l’efficacité avec laquelle la crème bloque les rayons UVB. Il indique la durée supplémentaire pendant laquelle une personne qui a mis de la crème solaire peut rester exposée au soleil avant d’avoir un coup de soleil, par rapport à une personne sans protection. Il est conseillé d’utiliser une crème solaire d’indice 30 minimum et d’en appliquer toutes les deux heures, et même plus souvent en cas de transpiration abondante.

Vêtements anti-UV

Les vêtements ordinaires, comme les tee-shirts en coton, n’offrent pas une protection suffisante pour les personnes exposées aux rayons UV plusieurs heures par jour. Un tee-shirt en coton blanc, par exemple, n’a qu’un facteur de protection de 15. Après quelques lavages, le facteur peut grimper à 20. Et si le tee-shirt est mouillé (par exemple, imprégné de transpiration), le facteur de protection solaire diminue de moitié. Les matières 100 % polyester n’atteignent généralement même pas un facteur de 10.

Protection de la tête

Une casquette ou un casque avec cache-nuque évite la surchauffe, offre de l’ombre (et donc du confort) aux yeux et protège la tête et la nuque du rayonnement UV.

Lunettes de soleil

Optez pour des lunettes de soleil avec filtre UV. Les lunettes sans filtre UV sont aussi efficaces pour bloquer la lumière visible du soleil, mais elles provoquent une dilatation de la pupille, ce qui induit une exposition plus importante aux rayons UV, particulièrement nocifs pour le cristallin.

Lésions cutanées

Le travailleur doit consulter un médecin ou un dermatologue si un grain de beauté change d’aspect ou en cas d’inflammation persistante de la peau. En guise de premier dépistage, il peut utiliser l’application SkinVision. Cette appli est capable de reconnaître un cancer de la peau à 80 pour cent avec certitude et à 95 pour cent avec une forte probabilité. Ces chiffres se rapprochent des résultats que fournirait l’œil du dermatologue.

 

Source : Actuascan, juin 2016, n°5