Qu’est-ce que la cigarette électronique ?

La cigarette électronique est un petit appareil conçu dans le but de simuler l’acte de fumer, sans pour autant consommer réellement du tabac. Cette cigarette a une forme cylindrique et est légèrement plus longue qu’une vraie cigarette. Cet appareil se compose d’une batterie, d’un microprocesseur, d’un atomiseur et d’une cartouche contenant le liquide à atomiser.
Les principaux ingrédients que l’on retrouve dans cette cartouche sont :

  • La nicotine : n’est pas toujours présente mais l’est toutefois très souvent, disponible en différentes concentrations
  • Des arômes artificiels
  • Le propylène glycol.

Lorsque l’utilisateur ‘tire’ sur l’e-cigarette, le microprocesseur active l’atomiseur qui mélange l’air inspiré au liquide contenu dans la cartouche. Le mélange vaporeux est inhalé – il n’est ainsi plus question de ‘fumer’ mais bien de ‘vapoter’.
L’atomisation du glycol imite la fumée d’une vraie cigarette et souvent le bout du cylindre est même équipé d’une LED rouge donnant une impression de combustion.


Substances nocives

Lorsqu’on utilise une cigarette électronique, une ‘vapeur’ clairement visible est soufflée. Cette vapeur se compose de propylène glycol, d’arômes artificiels et (dans de nombreux cas) de nicotine.

Le propylène glycol est sans danger pour la santé.

Les arômes artificiels peuvent provoquer des irritations (des voies respiratoires par exemple) chez les personnes se trouvant à proximité.

La nicotine est nocive et peut également être inhalée par les personnes se trouvant à proximité.

Ces petits appareils sont fabriqués en dehors des circuits pharmaceutiques légaux et ne sont dès lors pas soumis aux contrôles stricts en matière de qualité, de sécurité et d’efficacité qui sont d’application pour les médicaments. Il existe donc un risque de surdosage de nicotine si l’appareil ne fonctionne pas correctement.
Des tests récents ont démontré la présence de quantités dangereuses de substances cancérigènes (telles que le formaldéhyde, l’acroléine et l’acétaldéhyde), ainsi que potentiellement de métaux nocifs (le nickel, le chrome, le cadmium) dans la fumée des cigarettes électroniques (CRIOC – Conseil supérieur de la santé).


Que dit la loi ?

La loi du 22 décembre 2009 relative à la protection des travailleurs contre la fumée du tabac précise ce qu’il faut entendre par l’acte de ‘fumer’. Fumer est ‘le fait de fumer du tabac, des produits à base de tabac ou des produits similaires’.

Les appareils dans lesquels sont transformés des extraits de tabac (et la nicotine provient du plant de tabac) répondent donc à la définition légale de produit du tabac. Il en découle que l’utilisation de l’e-cigarette est soumise aux mêmes limitations que l’utilisation de la cigarette classique.

L'article 13 de la présente loi stipule que "tout élément susceptible d'inciter à fumer ou qui porte que fumer est autorisé, est interdit [dans les espaces de travail et dans les moyens de transport collectifs mis à la disposition du personnel pour le transport du et vers le lieu de travail]". Étant donné qu'une cigarette électronique est conçue de manière à ressembler fortement à une cigarette classique et qu'elle diffuse même de la vapeur, cet appareil est explicitement considéré par le SPF ETCS, dans une circulaire du 13/12/2013, comme étant un élément suscpetible d'inciter à fumer. Son utilisation sur le lieu du travail est dès lors soumise à la même interdiction que l'utilisation de la cigarette classique, même s'il s'agit d'une variante ne contenant pas de nicotine.  
 

La cigarette électronique constitue-t-elle un moyen efficace d’arrêter de fumer ?

Les fabricants vantent souvent l’e-cigarette comme moyen d’arrêter de fumer. Y a-t-il de la vérité dans ces assertions ?

Différentes études ont été menées visant à mesurer l’efficacité de la cigarette électronique comme moyen d’arrêter de fumer. D’une première étude, il ressort que les e-fumeurs ont une probabilité accrue, par rapport aux non-e-fumeurs, de diminuer leur consommation quotidienne de cigarettes. Cette même étude n’a toutefois pas pu démontrer l’existence d’une différence entre les e-fumeurs et les non-e-fumeurs quant à la probabilité de vraiment arrêter de fumer (Adkinson et al, 2013).

Dans une seconde étude, les chercheurs ont également conclu que la probabilité de consommer moins de cigarettes par jour était légèrement plus élevée chez les utilisateurs de la cigarette électronique que chez les utilisateurs du patch de nicotine (Bullen et al, 2013).

De même, une troisième étude a démontré que ‘fumer’ des cigarettes électroniques n’avait pas d’influence significative sur la capacité à arrêter de fumer (Grana et al, 2013).

Les e-fumeurs peuvent certes avoir une probabilité plus élevée de fumer moins de cigarettes ‘ordinaires’, mais l’avantage pour la santé que représente le fait de fumer moins qu’auparavant est cependant négligeable. Seul l’arrêt total a un effet véritablement favorable sur la santé. En outre, on pourrait avancer comme contre-argument que la forme que prend l’acte de fumer électroniquement peut rendre plus accessible la reprise de l’habitude de fumer, étant donné que le phénomène d’addiction comporte aussi des composantes psychiques et comportementales.  

 

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Références :

  • "La cigarette électronique : le point en octobre 2015" Conseil supérieur de la santé
  • OIVO "De elektronische sigaret en stoppen met roken: wondermiddel of paard van Troje?"
  • Adkinson et al (2013) "Electronic nicotine delivery systems" in Am J Prev Med 2013; 44:207-2015
  • Bullen et al (2013) "Electronic cigarettes for smoking cessation: a randomized control trial" in Lancet 2013; 382:1629-1637
  • Grana et al (2014) "E-cigarettes: a scientific review"
  • Grana et al (2013) "Background paper on e-cigarettes"
     

Source : Actuascan, juillet 2014