Nous les attendions avec tellement d’impatience et maintenant ça y est, les vacances sont là ! L’occasion de se changer les idées, de passer du temps en famille, de découvrir le monde, de se reposer, … Les vacances sont-elles le remède idéal contre tout le stress du travail que l’on a accumulé au fil des mois ? Prendre des vacances a-t-il un effet sur la santé ? Cet article examine différentes sources scientifiques portant sur les bienfaits des vacances.


Les vacances favorisent le rétablissement

Une étude a démontré que le manque chronique de rétablissement suite aux effets du travail peut avoir des conséquences fâcheuses sur la santé (1) . La capacité de se relaxer et de se détacher du travail joue en effet un rôle crucial dans la protection des travailleurs contre les possibles conséquences néfastes du stress. Le stress peut en effet être un facteur ayant une influence significative en cas de problèmes de santé tels que la migraine, les affections cardiaques et les perturbations du système immunitaire.

Si le travail en tant que tel peut représenter un facteur de stress, le fait de penser trop au travail l’est tout autant (2) . Dans un processus de rétablissement, il faudra également prendre en compte cette composante psychique et prendre suffisamment de ‘distance’ par rapport au monde du travail.

Différentes études ont démontré que les vacances, pour autant qu’elles soient efficaces, ont un effet salutaire sur la santé, sur le rétablissement suite à l’épuisement et sur la productivité (3).

En voici les effets à court et à long terme.


Les effets à court terme

Les effets positifs pour la santé et le bien-être que l’on ressent après les vacances sont réels mais sont seulement de courte durée, c’est ce qu’il ressort de plusieurs études (3) . C’est pourquoi, il est préférable que le retour au travail ne soit pas trop ‘brutal’ : veillez à ne pas avoir un emploi du temps trop chargé ni trop exigeant durant les premiers jours ou les premières semaines de la reprise. Vous pourrez ainsi reprendre votre rythme de travail habituel de manière progressive. Si la reprise du rythme normal est trop soudaine, les effets positifs des vacances risquent de s’estomper trop précocement.

Les chercheurs de l’Université Radboud ont observé qu’en soi, une courte période de vacances a un effet aussi favorable sur le bien-être qu’une période de vacances de durée moyenne (3) . Ils conseillent dès lors de prendre plusieurs périodes de vacances par an, afin de ressentir cet effet bénéfique plusieurs fois par an.
L’attente caractéristique qui précède les vacances a également un effet positif sur la santé (3) .


Les effets à long terme

Prendre ses vacances en temps opportun fait la différence. Une étude à long terme a démontré que l’état de santé général des personnes qui partent chaque année en vacances est meilleur que celui des personnes qui font l’impasse sur les vacances annuelles.

Les personnes qui ne prennent pas de vacances ont ainsi plus de risques de souffrir de problèmes cardiaques que les autres. Une étude confrontant des femmes qui ne prenaient des vacances que tous les six ans avec des femmes qui prenaient des vacances deux fois par an a démontré que les premières avaient jusqu’à 8 fois plus de risques de faire une crise cardiaque (4) .

21% des femmes de la première catégorie ont également été sujettes à un décès plus prématuré que les femmes de la seconde catégorie.

Une étude menée par la Marshfield Clinic du Wisconsin a permis de découvrir que les femmes qui prenaient des vacances moins d’une fois tous les deux ans présentaient un risque accru de dépression (5).

Une étude remontant à 2000 a mis au jour un lien entre le fait de ne pas prendre de congés annuels et différents types de facteurs liés à la santé, dont l’espérance de vie. Cette étude a également trouvé un lien négatif entre le long délai entre les prises de congés d’une part, et la santé et l’espérance de vie d’autre part (6) .


Quelques conseils pour des vacances efficaces

Les vacances exercent un effet bénéfique sur la santé, pour autant que certaines conditions soient respectées : les vacances doivent, par exemple, comporter des activités choisies librement. C’est une condition nécessaire pour évacuer le stress engendré par d’autres activités. Le but est de se ‘déconnecter’ des soucis quotidiens, de préférence dans un cadre différent de l’environnement habituel. Quelques conseils : évitez que les tracas relatifs au travail envahissent vos vacances, rangez tous les appareils électroniques liés au travail et ne lisez pas vos e-mails.
 
Faut-il opter pour des vacances sportives ou des vacances à la plage ? La réponse à cette question dépend entièrement des préférences du vacancier. Il faut écouter ses propres envies. Certaines personnes préfèrent des vacances plutôt passives, alors que d’autres seraient stressées à l’idée de ne rien faire.

Les vacances, c’est aussi l’occasion de se créer un espace pour se changer les idées et se consacrer à des activités choisies librement. De ce point de vue, il serait préférable d’opter pour des vacances de longue durée plutôt que de courte durée, étant donné qu’un long congé permet de se détacher plus facilement des soucis quotidiens. D’un autre côté, plusieurs courtes périodes de vacances par an sont bénéfiques aussi, vu que le sentiment d’être en congé est plus étalé sur l’année.

Pour éviter de voir ses vacances gâchées par des désaccords et des mauvaises surprises, il faut bien planifier et organiser ses vacances, et parvenir à de bons accords. Si l’on transpose ces conseils à une situation de travail, cela revient à communiquer clairement son absence et à planifier le transfert des tâches en temps utile. L’étape de la planification des vacances contribue également au sentiment de bien-être, ce qui, à son tour, exerce un effet positif sur la santé.


Travailler pendant les vacances ?

La lecture du courriel professionnel est-elle un tabou ? L’étude menée par Westman et Etzion nous apprend que même un voyage d’affaires peut être bénéfique pour contrer les effets du stress. Cela s’explique par le changement d’environnement, tant au niveau physique que psychique (7) .

Il ne faut pas nécessairement bannir le travail pendant un voyage ou des vacances, mais dans ce cas, le travail doit constituer un choix tout à fait volontaire, doit rester limité dans le temps et ne doit pas demander trop d’efforts (8) .

Si exceptionnellement, il nous arrive de travailler pendant les vacances, il faut impérativement en parler avec son conjoint et sa famille et se mettre d’accord.


Conclusion

Les vacances sont bénéfiques pour la santé. C’est tout à l’avantage de l’employeur de pouvoir compter sur des travailleurs épanouis, en bonne santé et dynamiques. Cela contribue en effet à une amélioration de la productivité, ainsi qu’à une diminution de l’absentéisme.

Pour terminer,

Quelques conseils de base

Planifiez plus qu'une seule période de vacances par an, car les effets sont  puissants mais éphémères.
Pendant les vacances, suivez vos envies.  Les effets des vacances n'en seront que renforcés.
Veillez à ne pas trop penser au travail lorsuqe vous êtes en vacances. Rangez tous les appareils électroniques liés au travail et déconnectez-vous.
Organisez les choses bien à l'avance : prévoyez le transfert des tâches, communiquez avec vos collègues. Planifiez également correctement les choses avec votre conjoint et votre famille.
Après les vacances : partagez vos moments de vacances et remémorez-vous vos souvenirs de vacances pour pouvoir encore en tirer profit par la suite.
Si vous travaillez pendant les vacances, il faut que cela soit un choix délibéré et non une obligation.  Il faut en limiter la durée : maximum 1 heure par jour.
Règle à respecter : se mettre d'accord avec son conjoint et sa famille.
Durant les premières semaines suivant les vacances, évitez de faire des heures supplémentaires et reprenez votre rythme de travail habituel graduellement.


Voilà, il ne vous reste plus qu’à programmer votre message d’absence du bureau et à profiter de vos vacances, votre santé vous dira merci !

Références :

(1) Geurts & Sonnentag 2006 Geurts, S. A. E., & Sonnentag, S. (2006). Recovery as an explanatory mechanism in the relation between acute stress reactions and chronic health impairment. Scandinavian Journal of Work, Environment & Health, 32, 482–492.
(2) Brosschot, Gerin & Thayer The perseverative cognition hypothesis: a review of worry, prolonged stress-related physiological activation, and health. J Psychosom Res 2006, Feb; 60 (2): 113-24
(3) De Bloom et al, ‘Do We Recover from Vacation?’ 2009, J Occup Health 2009; 51: 13-25
(4) Eaker, E.D., Pinsky, J. & Catelli, W.P. (1992). ‘Myocardial infarction and coronary death among women: psychosocial predictors from a 20-year follow-up of women in the Framingham Heart Study’. American Journal of Epidemiology, 135, 854-864
(5) “Vacations improve mental health among rural women” Chikani, V et al , Wisconsin Medical Journal 2005: Vol 104
(6) Gump, B.B. & Matthews, K.A. (2000). Are vacations good for your health? The 9-year mortality experience after the multiple risk factor intervention trial. Psychosomatic Medicine, 62, 608-612
(7) Westman, M. & Etzion, D. (2002). The impact of short business trips on job stress and burnout. Applied Psychology: An International Review,51, 528-591.
(8) Beckers, D.G.J., Van Hooff, M.L.M, Van der Linden, D., Kompier, M.A.J., Taris, T.W. & Geurts, S.A.E. (2008). A diary study to open up the black box of overtime work among university faculty members. Scandinavian Journal of Work, Environment & Health, 34, 213-223.

 

Publié dans Actuascan, juin 2018, n°6.