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Le blues hivernal ou la dépression hivernale n’est pas une invention. C’est une forme spécifique de dépression qui est liée au manque de lumière pendant les mois d’hiver.

Le nom scientifique donné à cette affection est le « trouble affectif saisonnier » (TAS). L’affection se manifeste principalement par une fatigue croissante, qui peut s’installer malgré un sommeil suffisant. D’autres symptômes sont l’irritabilité, la morosité, des problèmes de concentration et de l’angoisse. Parfois aussi, on éprouve une sensation de gourmandise exagérée.  La dépression de l’hiver se différencie de la dépression ordinaire par le fait qu’elle apparaît seulement lors des sombres mois d’hiver, après les fêtes, et qu’elle s’améliore d’elle-même au printemps.


Origine

Il existe plusieurs hypothèses concernant l’origine du blues hivernal. Une première, c’est que notre horloge biologique souffre de la quantité réduite de lumière pendant les obscurs mois d’hiver. Cela explique en tout cas pourquoi cette affection apparaît plus souvent dans les régions situées plus au nord.

Que se passe-t-il précisément selon cette hypothèse ? L’épiphyse (ou glande pinéale) est une petite glande présente dans le cerveau, de la taille d’un pois sec. Pendant la nuit, elle sécrète l’hormone mélatonine. C’est la mélatonine qui met le mécanisme du sommeil en route. Donc, en cas de trop grande concentration de cette hormone, on peut ressentir une fatigue persistante. L’hormone joue aussi un rôle dans la régulation interne de l’horloge biologique. Il s’agit de la deuxième hypothèse. Le dérèglement du rythme jour-nuit provoque un glissement continu de ce rythme qui fait que l’on se sent ‘éveillé’ de plus en plus tard dans la journée.

D’autres hypothèses lient la dépression hivernale à un déficit en neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la dopamine ou la noradrénaline, mais ces hypothèses sont actuellement moins fondées.


Que peut-on faire ?

Ne surtout pas se laisser aller ! Voici quelques conseils à facilement mettre en pratique.

  • Aller vers la lumière !

Les personnes qui souffrent de dépression hivernale réagissent très bien à la lumière. C’est d’ailleurs le traitement de prédilection du blues hivernal. Donc un conseil : partez en vacances en Australie !

Mais si l’état de votre compte en banque ne vous permet pas cette excursion aux antipodes, vous pouvez toujours louer ou acheter un écran lumineux pourvu de lampes spéciales d’une intensité lumineuse de 2500 à 10000 lux. A titre de comparaison, un travail de bureau standard s’effectue à une intensité lumineuse d’environ 300 lux.

Une mise en garde tout de même : cette thérapie peut avoir des effets secondaires indésirables chez certaines personnes, comme des yeux irrités ou larmoyants, ou un mal de tête. Il est donc toujours préférable, avant toute mise en place de ce traitement, de solliciter l’avis de votre médecin.

Et quid du banc solaire ? D’une manière générale, cette méthode est déconseillée, vu les risques de cancer qui y sont liés.
 

  • Sortez et bougez !

La lumière extérieure est en soi un remède (voir le conseil n°1). L’activité physique aide aussi à se sentir plus alerte, et à mieux dormir. Enfilez donc votre manteau et sortez.
 

  • Mangez sainement !

Les glucides ont tendance à être décriés ces derniers temps, à juste titre. Ce sont surtout les sucres qui sont nocifs. Ces glucides rapides se retrouvent surtout dans les boissons rafraîchissantes, les friandises et les pâtisseries. Ils donnent un boost d’énergie de courte durée, qui se transforme rapidement en « cafard-post-sucre ». Les glucides plus complexes sous forme d’amidon sont déjà un peu moins délétères. Mais ces molécules, qu’on retrouve principalement dans les pommes de terre, le pain, le riz et les pâtes, donnent un sentiment de satiété graduelle jusqu’à plusieurs heures après le repas.

Evitez donc les glucides, surtout les sucres et mangez beaucoup de fruits et légumes.
 

  • Cherchez la compagnie!

S’il est de temps en temps nécessaire de s’isoler du monde extérieur, il ne faut pas aller trop loin dans ce processus. L’homme est un animal social. Donc prenez l’initiative d’entretenir vos contacts sociaux avec régularité. Organisez par exemple un rendez-vous hebdomadaire avec vos amis ou collègues dans un chouette café !

 

Dr Edelhart KEMPENEERS
Conseiller en prévention - médecin du travail
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Source : Actuascan, janvier 2015, n°1