26 février 2018

Publié dans Publication

Le télétravail se définit comme « une forme d’organisation du travail et/ou de réalisation du travail, utilisant les technologies de l’information, dans le cadre d’un contrat de travail, dans laquelle un travail, qui aurait également pu être réalisé dans les locaux de l’employeur, est effectué hors de ces locaux de façon régulière et non occasionnelle ». L’arrivée d’internet et de l’informatisation du travail sont petit à petit venus modifier notre manière de travailler et ont ouvert le champ à cette nouvelle opportunité, aujourd’hui exploitée par près d’un travailleur sur cinq.
 

Quels intérêts pour l’employeur et les travailleurs ?

Lorsque le télétravail est implémenté dans les entreprises, les travailleurs qui en bénéficient remarquent une augmentation significative de leur bien-être : diminution des temps de déplacement et du stress lié aux conditions de mobilité, meilleure conciliation vie privée-vie professionnelle, accroissement de la motivation et de la productivité liées à la confiance accordée, autonomie, responsabilités, etc.

 

Comme le déclare Elise, recruteuse et mère de deux enfants : « le télétravail a changé ma vie ! Je travaille à Bruxelles et les trajets étaient devenus une importante source de stress. Régulièrement, je paniquais au volant, voyant l’heure défiler et le compteur kilométrique stagner : « vais-je arriver à l’heure au bureau ? Vais-je pouvoir récupérer mes enfants à temps ? ». Et puis, ce n’est pas que ça. J’ai un job lors duquel je suis très sollicitée par mes collègues. Le télétravail me permet d’effectuer certaines tâches tout en limitant les interférences. Je me sens plus efficace et je vois ma liste de « to-do » diminuer considérablement lorsque je suis en télétravail ».

Puisque la productivité des travailleurs augmente, le télétravail est également un avantage pour l’employeur. En outre, les coûts pour l’entreprise peuvent être considérablement diminués : économie d’espace, diminution des frais de déplacement, etc.

Marjolaine, chef d’entreprise, nous explique : « J’ai monté seule mon entreprise et, avec le temps, de plus en plus de collaborateurs rejoignent mon équipe. J’ai donc dû investir dans un espace de co-working mais nous n’avons actuellement pas suffisamment de place pour être tous présents au bureau en même temps. Nous effectuons donc tous du télétravail mais nous veillons à nous retrouver chaque semaine, pour une demi-journée de réunion lors de laquelle nous avons la possibilité d’échanger sur les projets en cours et ceux à venir. »


Quelques conseils concernant les risques psychosociaux

Nous abordons cette fois quelques conseils concernant les risques psychosociaux. Car, en dépit des avantages pour le bien-être, il faut néanmoins aussi être attentif à diminuer les risques de nature psychosociale en veillant, par exemple :

  • à spécifier la manière dont le travail sera évalué. Le télétravail suppose qu’une relation de confiance soit établie entre l’employeur, la ligne hiérarchique et le travailleur. Le management par le contrôle est rendu compliqué par ce mode d’organisation du travail. Certaines dérives dommageables à la relation de confiance peuvent apparaître : contrôle du nombre de caractères tapés à l’ordinateur pendant la journée de télétravail, durée de connexion aux serveurs à distance, etc. Or, les connexions ne sont pas sans faille, de même que toutes les tâches ne supposent pas de rester connectés. Privilégiez une évaluation par objectifs : les tâches confiées ont-elles été réalisées correctement et dans le temps imparti ? Dans le cas contraire, objectivez avec les télétravailleurs les raisons pour lesquelles les objectifs n’ont pas été remplis ;
     
  • à limiter le nombre de jours de télétravail autorisés (au maximum 3 jours par semaine pour un travailleur occupé à temps plein) afin d’éviter l’isolement du travailleur et le manque de contacts et d’accès à l’équipe ou à la ligne hiérarchique puisque cela peut perturber la continuité des activités du service et accroître le stress ;
     
  • à sensibiliser les travailleurs à respecter le nombre d’heures de travail à prester. En effet, il arrive que certains télétravailleurs, en réduisant le temps de trajet, commencent à travailler plus tôt et terminent plus tard que lorsqu’ils sont présents au bureau. À long terme, ceci peut augmenter leur charge ou leur rythme de travail et engendrer des conséquences sur leur santé.

La mise en place du télétravail peut se faire progressivement en commençant son implémentation dans le cadre d’un projet pilote qui ne toucherait qu’une petite proportion de travailleurs. Ce projet pilote devra être régulièrement évalué et ajusté afin de pouvoir ensuite être proposé au plus grand nombre. Il importe encore de préciser qu’une période d’essai peut être déterminée.

Le télétravail rencontre un franc succès auprès des travailleurs et convainc de plus en plus d’employeurs qui ne sont pas perdants mais plutôt dans un rapport win-win en termes de productivité et de bien-être. Augmenter le bien-être, c’est notamment réduire l’impact et les coûts relatifs au stress, aux problèmes de santé liés au travail et à l’absentéisme.

Et si vous y songiez ?

Le prochain article de cette série concernant le télétravail abordera l’accident du travail dans le contexte du télétravail.

Margaux Carlier
Conseiller en prévention aspects psychosociaux

Publié dans Actuascan, février 2018, n°2.